Poésie
La Tourmente
16 janvier 2024
Clémence avait mis ce jour-là
Sa plus belle robe d'apparat
Qui cachait ses souliers de marche sous de longs draps
Sans écouter les conseils de la vieille Béate
Elle claqua la porte de bois en enfilant sa cape.
Ce soir au village voisin elle retrouverait le grand Jacques.
Le Bal, fut à peine marqué de son absence
Tandis qu'elle marchait à grand peine dans la Tourmente
Le grand Jacques dansa avec une autre dame blanche
Tandis que Clémence faisait sa connaissance...
Les habitants le savaient bien,
Ne sortez pas même votre chien
Sur les plateaux d'Aubrac dans la brouée au loin
Quand le soleil peine à percer...
Elle vous attend au coin d'un bois,
Recouverts de neige les panneaux pour vous perdre,
Ensevelis les cairns, effacées les traces de pas.
Et mis sa robe nuptiale pour assister, indolente, à vos funérailles.
Dans ces ténèbres blanches enveloppée d'un froid ancestral
Sous le sifflement du vent, Clémence s'endormit en rêvant de Bal...
Et l'on raconte depuis ce temps, au pays de Gévaudan
Qu'on peut entendre, dans le labyrinthe de coton, chanter les musettes
Avant de sombrer, pauvres vagabonds, lentement dans la Tourmente...