Slam
Alice
1 décembre 2024
Elle vapotait en papotant à l'arrière d'une Renault Alpine.
Tournant les pages d'un magazine pour speakrine
elle psalmodiait quelques rengaines entendues malgré elle dans la réclame.
Magnifique et oisive,
fallait-il que je la toise pour que la glace ne se brise ?
En cet après-midi tardif,
j'improvisais une conversation inventive,
un monologue en forme de fresque,
où je la dépeignais,
elle et nous,
enlacés telle des arabesques à l'abat-jour du Grand Tout.
Au hasard,
je l'appelais Alice,
lui faisait mille promesses,
de jours de fêtes,
de nuits d'ivresse,
pour l'attirer dans mes abysses.
Elle semblait écouter mes délires et mes dérives,
intrigante et pensive,
vrombissante de fumée sur la banquette de sa corvette,
j'entrevoyais son corps nu,
courbé,
cambré comme un décor de Chevrolet,
courbes élégantes,
cambrures épatantes,
capables de faire vaciller des anges chevronnés.
Oh,
fallait-il que je m'égosille sans fin,
derrière une glace sans teint,
pour qu'elle l'entrouvre,
pour qu'elle comprenne enfin ce que je dise,
ne fallait-il pas, bon Dieu, que la glace ne se brise ?
