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Adam et Eve : invitation au voyage
11 juillet 2026
Mon enfant, ma sœur, songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble
Aimer à loisir
Aimer et mourir
Là, tout n'est qu'ordre et beauté
Luxe, calme et volupté
Nous irons tresser des couronnes de roseaux
Accompagnés du chant des anges et des oiseaux
Coiffés tous deux de belles couronnes vermeilles
Aux joyaux naturels, semblables à de petits zgegs
On enfilera des perles en buvant du savon
Je te ferai griller des merguez et ça sentira bon
Je te lirai l'avenir dans une tranche de jambon
Je te dirai pouet-pouet et tu diras camion
Assise nue à califourchon sur un vieux tronc
Tu m'écriras des chansons
Moi, allongé sous un cyprès, je t'écouterai
En reniflant mes pets
Dans notre jardin d'Éden, sur une nappe quadrillée
Nous poserons une pomme pour s'en faire un narguilé
Dans une coque de coco, je te ferai du jus d'homme
Que tu pourras siroter
Défoncés aux hormones, dans les plaines du Nirvana
Nous irons gambader
Une feuille de datura entre les dents
Nous irons pisser sur le buisson ardent
Caressant mon membre comme un serpent
Tu mordilleras mes côtes du bout des dents
Prêt à tout pour toi, épris, je te ferai mille promesses
J'invoquerai Mont Joie Saint-Denis pour faire tendre mon sexe
Dans les prairies du paradis bordées d'agave
Je te ferai un fist-fuck aux orties, une éjac faciale
Puis nous danserons, comme une bataille
Au son d'une cascade, un sublime tango
Dans les effluves subtiles d'une pipe au sakaï
Sur les restes d'un veau d'or marengo
Puis en soixante-neuf, je descendrai à la cave
Saluer Belzebuth, humide et envieux
Tandis que vous me ferez une turlute
Avec l'orbite de l'un de vos deux yeux
Nous nous enfoncerons tous deux dans les tréfonds luxueux
Où règne Lucifer en un état boueux
Caressant de la langue ou bien des doigts
Nos cloisons viscérales qui languissent déjà
Et je l'entends qui nous invite
Caressant doucement ses cornes et rapidement sa bite
Nous offrant dans les limbes une divine échappatoire
À ce monde de pingres, à ce divin mouroir
Il suffira pour cela mon amour, de reprendre
Un carré de ce papier buvard
Tandis que résonneront les cors aux quatre points cardinaux
Nous lubrifierons nos corps avec du sang d'agneau
Buvant du vin, je lécherai tes aisselles
En griffant ton dos
D'un air coquin, tu attacheras d'une ficelle
Mes couilles à un tonneau
Sur le Styx vide en riant, nous ferons du paddle
Exhibant nos parties fines
Aux primo-arrivants dans leur linceul
Et j'entrevois déjà la deuxième porte d'Hadès
S'ouvrir en grinçant
Poussés par Minos qui nous montre nos nouveaux appartements
Dans cet éden parfait, rempli de sangles et de godemichés
Nous pourrons à loisir nous étendre, oublier nos péchés
Mon enfant, ma sœur, songe à la douceur
D'aller là-bas, jouir ensemble
Aimer à loisir, aimer sans mourir
Là, tout n'est qu'ordre et beauté
Luxe, spasme et volupté