Poésie
Tchou-Tchou
20 octobre 2023
Des ombres se dessinent en paraffine sur la fenêtre
La ville roupille et j’me débine en 4 accords
Et j’irai voir :
LA SI ve la cîme des nuages sur le toît des églises noires de Clermont ou de Barbes-Rochechouart…
Et j’irai cri-er :
FA - MI ne sur les ports de langoustine du Gîl quand à 16H les bateaux se radinent pour décharger leurs ventres visqueux en famille. Et pour les attendrir je danserai la marée d’un pas leste et chamaré
Mon collier en laisse de mer et mes dents prêtes à tout croquer.
Et j’irai
DO - RÉ au soleil rose et argent de Dubaï
pour oublier les mains tendues et saillantes des enfants de Saïgon.
Croyez-la ou non, la ritournelle de la chanson…
Pas moins terrible au soleil, la misère est un épouvantail d’une prose affligeante.
Elle extorque leurs rêves à ces gosses en haillons…
Quand je n’en dors pas j’en rêve de leur offrir une faille, une trêve…
Où sous le Palais des Papes d’Avignon se jouerait une immense bataille d’Édredon.
Et j’irai une dernière fois au Conservatoire cracher mon SOL fège à ces harpies en arpèges
qui m’ont si souvent fait croire que c’est en se saignant qu’on apprend.
Mais j’ai saigné !
Et aujourd’hui, je ne veux plus les voir.
Ni entendre DO RÉ MI FA SOL LA SI....
Bordeaux-Paris