Poésie
Printemps
10 juillet 2026
Ce matin, entre une prairie baignée de lumière dorée et la rougeur d’un feu de cheminée, j’écris pour affronter mes peurs. Je contemple ce qui me dépasse. Insignifiantes particules incandescentes d’un grand tout. Que brûle ma vie comme une brindille sèche, ou qu’elle pousse, s’épanouisse comme un brin d’herbe revêche... Nous sommes le passage et l’instant. Témoins émerveillés, les bras ballants, devant l’éternité qui se conjugue au présent. Il y a la peur, le danger, le magnifique et le tragique qui s’agite sous nos caboches de grands mioches. Il y a des légendes qui résonnent à l’horizon quand on le contemple comme des cons. On parle, on rêve, et on espère l’amour. Cette étrange lueur que l’on voudrait s’épingler au cœur. Incontournable rumeur qui exhausse, de notre passage, les saveurs... Moi je ne vois du ciel qu’un bleu froid. Aucun cupidon cornu, dans les flammes de mon feu matinal, ne pointe sa triste flèche sur mon palpitant en forme de brèche. Sur la plaine, où les oisillons chantent le soleil, j’imagine des ballets, dansés par des fées, des musiciens et des valets. Tout porte à croire, à l’éveil du printemps, que l’amour est espoir, que l’amour est vivant...