Poésie
La Maison de Maï
12 mai 2026
Derrière les murs de béton labouré
Derrière les volets aux couleurs d’une mer foncée
Derrière les petites routes où les autostoppeurs aiment lézarder
Derrière les corbeilles poubelles aux toits colorés
L’on trouve la maison de Maï
J’y dépose pour quelques jours mes affaires tailladées par le voyage
J’y respire une atmosphère remplie de souvenirs et coloriages
Je m’improvise sans failles…
La chaleur d’un foyer cautérise les entailles…
La vie d’une famille donne aux murs blancs des pulsions
Où chaque objet, chaque bibelot semble reprendre sa respiration
Épiant mes mouvements derrière des portes murailles…
Et j’apprends lentement à me glisser dans leurs failles
Pour ne pas altérer l’hétéroclite harmonie qui s’en dégage
Pour m’inventer en les voyant respirer, d’autres histoires,
De nouveaux paysages…
Sans chercher de vérité, simplement composer l’alphabet de Maï…
Les premières syllabes forment un jardin en cloche
Où se dessine au fusin des aventures de mioches…
Les arabesques de son alphabet sont faites de mobiles
De guirlandes et tableaux dont le temps a bu les couleurs vives
Ils restent suspendus mais jamais trop immobiles
Comme une langue vivante susurre ses souvenirs fébriles
Un atelier caché, un garage où vélos et kayak se déposent
Sont autant de ponctuations, silences, temps où le verbe se repose.
Derrière l’escalier en bois blanc, s’invente le repère des souliers
Cachette des consonances que l’on claque sur le carrelage beige et rouillé.
Tandis qu’à l’étage, se fabriquent en marmules ou en mirage des grands HAAa et des grand HOOo
Des allitérations d’extase impromptues que l’on profère en entrant dans grand bain ou un lit chaud.
Mais me voilà en bas de page, comme devant la première colonne d’un sérail
Demain encore j’arpenterai l’alphabet de la maison de Maï…