Poésie
L’errance du marin : paquebot culte
10 décembre 2020
Arrivé dans les brumes andalouses,
Où d’étranges serpents de bitume,
Fendent en zigzag les montagnes jalouses
Où les hôtels ont remplacé les dunes...
Petit parisien défenestré
Arpente hagard cette autre réalité
Sur une plage de sombres graviers
On échoue des paquebots pour y loger
A cette carcasse s’affairent, dans un étrange ballet
Des hirondelles de ménage, de mollusques valets,
Comme un écosystème parachuté
Dans un fantasme mal achevé
"Là, tout ou presque n’est qu’ordre et beauté,
Luxe calme et volupté"
Le fin brouillard andalou a laissé place
Aux pluies des fontaines qui brumisent les palaces
Petit marin, se morfond, se confond et se lasse
Dans sa lame de fond où résonne cette farce
Où tout semble nager et se noyer en regardant le ciel
Comme frappé de cécité au milieu d’un paradis artificiel.