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Les loups de Séville
16 avril 2026
Les loups de Séville ont la queue plate
Agissent en meute dans la pénombre froissée de la nuit.
Les loups de Séville portent une cravate,
Voire un nœud pap' lorsqu'en ombre ils partent
Chercher des proies démunies,
Ou tout autre costume respectable
Pour se prémunir des mauvaises pensées et des soupçons,
Qu'on ne puisse les accuser ou les confondre.
Les loups de Séville attendent la nuit,
Son ombre pour sortir.
Les loups de Séville attendent la meute,
Son nombre pour sévir.
Alors la gent féminine n'a qu'à bien se tenir,
Prendre la tangente légitime,
avant que de se faire cueillir.
Dans leur cœur enclume,
en bonne crapule,
Les loups de Séville ont coulé leur scrupule,
Adoptent un rictus face à la détresse qui les stimule,
Ils sont le virus d'une société qui les dissimule.
Les loups de Séville sont des cloportes prédateurs,
Qu'on amenuise à mesure qu'on les disculpe.
Mais peut-être un jour, impunis, frapperont-ils à votre porte,
Alors ils auront les yeux qui brillent en entrant dans votre hutte,
Riant à belles dents face à l'éclipse de vos pupilles,
Vous chantant des berceuses à mesure qu'ils vous déshabillent.
Et sans vergogne,
Ils prendront ce qu'il y a de plus fragile,
Puis prépareront un grand feu pour y mettre votre mémoire en brindille.
Les loups de Séville ont la queue plate,
Se pensent invincibles derrière leur cravate,
Mais attendez un peu qu'on les attrape,
Ils ne s'excuseront pas même les mains jointes.
Face à la lumière qu'ils redoutent,
Se draperont de bons sentiments,
Mais ils feront briller leurs canines de loups,
Feignant de découvrir le consentement…
Parfois la nuit porte la haine,
Alors moi j'aimerais ne pas être sage,
J'aimerais suivre ses conseils.
Quand je me réveille en âge,
Dans des larmes qui ne sont pas les miennes,
Je pourrais me morpher…
Une bête en Rage, qu'un loup bien plus cruel.
Dans mes veines coule une rancœur, un poison qui m'obsède,
Car des loups l'impunité et de la justice l'indifférence sont obscènes...
Alors moi la nuit je rêve,
De loups qui sévissent,
De loups qu'on écorche,
De cous que l'on coupe,
De têtes qu'on accroche,
De chimiques camisoles et de bêtes en cage.
Parfois la nuit porte la haine et quand je les imagine,
J'aimerais ne pas être sage,
J'aimerais suivre ses conseils.
J'aimerais suivre ses conseils.
