Slam
L'indigeste
15 décembre 2024
Je suis cet Indigène Indigent,
Qui diligente des Intrigues démentes aux quatre vents.
Voyez-vous, je n'aime que l'horreur désopilante
Et le dessolement qui se pratique sans consentement.
Accuser à tort,
provoquer les gens,
Me nourrir du dialecte bégayant du ressentiment.
Voilà les larmes que je souhaite voir couler,
C'est là ma théorie du ruissellement…
Sirotant ma bière, je m'assois et j'écoute longuement
Devant les créanciers s'épuiser le paysan.
Je me délecte des cris silencieux de la nature livrée aux hydrocarbures.
Ah, pour faire du fric, croyez-moi les idiots carburent…
Vos pesticides subtils ont pour moi une saveur de vanille,
Pour vous aussi d'ailleurs…
Et je tombe aisément amoureux du jeune banquier vaniteux.
Je suis le Roi des Cancrelats,
Le Prince de la Malice,
Le petit-fils d'Harpagon
Et le Beau-frère de Narcisse !
Donnez-moi une dette, j'en ferai une rixe,
Pour moi c'est facile et sans risque…
Mais bientôt j'entrevois des dettes, la plus belle qui soit,
Puisque c'est à vos enfants que vous empruntez la planète.
Laissez-moi vous aider à ternir cette belle silhouette.
Oh, je n'aurai pas à faire beaucoup…
Juste laisser pousser ce qui déjà est en vous.
Prenez la graine de la discorde, la seule qui pousse entre vous.
Parfumez-la de beaux discours, les seules qui poussent à bout,
Et vous aurez un arbre… Que dis-je ?
Un Totem Tabou !
Autour duquel vous tournerez longtemps
Pour vous tordre le cou…
Oubliez vos principes, vous n'en aurez plus besoin.
Mangez tant que vous pourrez, achetez ce dont vous n'avez pas besoin.
Il est, m'a-t-on dit, du bonheur dans les après-shampoings…
Construisez vos buildings pour boursicoter,
Et pensez à regarder vos nombrils sur vos télés,
Remplissez bien vos étagères de poussière s'il vous plaît…
Voici, Voilà, regardez !
Le Prince Harry fait des guilis dans Gala !
Etouffez vos mammifères,
Plastifiez vos mers,
Quant à moi j'entretiens la misère qui bientôt vous fera manquer d'air.
Mais déjà, mes traînes savates arpentent vos rues en mangeant des blattes.
Ils vous vendent des babioles les inutiles,
Entretiennent un ordre social servile,
Et n'y gagnent pas plus que vous…
Tout juste un peu de crédit aux banquets de la vie.
Quand chaque homme a son prix, la vie ne vaut pas un clou !
Et il n'y a pas de petites économies…
Délaissez l'hospitalité, depuis mon départ vous l'avez ignorée.
À quoi bon les réfugiés, les expatriés du calvaire ?
Devant vos belles frontières dorées, la mer est un excellent cimetière.
Et ils payent eux-mêmes leurs radeaux en forme de tombeaux.
Mais la roue de l'exode ne fait que tourner.
Vous pouvez me croire sur parole,
Vous finirez à vos portes par l'entendre grincer…
Je suis cet indigène, indigeste, qui vient vous faire lâcher du leste.
Vous m'avez chassé de mes terres,
Mais vos frontières sont un affront fait à la terre,
Alors en jubilant tout doucement, je vous enterre…
L'espèce la plus intelligente peut être la plus abjecte,
Alors pour vous j'ai des solutions innovantes, de nouvelles recettes :
J'élèverai le thermostat, quatre ou cinq degrés suffiront
Pour obtenir une belle cuisson.
Au bain-marie c'est meilleur !
Alors ouvrons, ouvrons la cage aux poissons,
Pour exhauster les saveurs de la peur.
Et pour le trou normand,
Je vous préparerai du pergélisol en déconfinement.
Vous verrez que bien Méthané c'est excellent !
Arrosez le tout d'un peu d'acide dans les océans,
Et en dessert pas de mystère,
Une bonne vieille Guerre…
Mais l'on m'objecte,
En cachette,
Que vous n'étiez pas au courant de l'imminence de la défaite?
Oh peut-être c'est un fait.
Mais comment croire
Que vous n'avez pas volontairement oublié la Nature qui vous émerveillait ?
Ce savoir était dans vous, dans la bouche de vos ancêtres.
Mais vous l'avez occulté pour récolter d'occultes deniers.
Quelle sera ma joie alors,
Quand vous vous apercevrez que vous ne pouvez pas les manger !
Vous vous laissez gouverner par de Petits Péteux Pédants.
Vous avez l'arrogance d'un enfant
Et la boulimie de calories de sa maman.
Mais ne t'en fais pas gamin…
Tout finit par passer dans la vie tu sais ?
Je ne comprends pas pourquoi tu te mets en pétard,
Pourquoi tu t'affoles ?
Tu finiras tôt ou tard, toi aussi en pétrole…
