Poésie
Un corps : Errance
7 juin 2026
Elle porte la clef du désert en bandoulière
Encerclant sa jugulaire, serait-ce du sable dans ses artères?
Elle a les yeux gris Mer mais ne l'a jamais vue
Éprouve un sentiment amer, quand elle vogue sur les Dunes.
Entourée de corail et de sel, elle mène sa caravelle
Esseulée dans son cercueil, la nuit elle contemple le ciel
Tournant entre son œil et ses oreilles, cette clef qui l'ensorcelle
Tatoue sa peau ébène de ses secrets
Du blanc du sel les chemins apparaissent en reflet.
Aux premiers rayons de lune elle pourra avancer
Mener sa troupe de noctambules à l'abri des rochers
Derrière une clairière de voitures cassées
A travers les corridors de ce qui fut supermarché
Il parait que l'eau pousse encore en quelques robinets
Espoir d'un trésor qui autrefois fut gâché
Mais ô combien sont morts de ne l'avoir trouvé...
Derrière elle, elle plante des graines d'Olivier
Hommage à ce que furent ces terres de Méditerranée
Espoir sauvage qui la pousse à avancer
Tandis que se balance entre son pouce et son gosier
Cette clef qui la hante, qui lui chante les grillons du passé.
Elle n'est plus qu'une incohérence dans un monde ravagé
Tatouée d'espérance, malgré l'effroi, elle se prend à rêver...
D'une Oasis où subsiste une fontaine, où l'on peut Vivre
Sous la Lune et sous le Soleil sans s'enfuir...
Autour de son cou danse sa clef cerclée de Fer
Elle s'y agrippe, perdue entre cauchemar et réalité
Sûre de pouvoir avec elle déserter cet enfer
Mais enfin les mensonges aussi peuvent être forgés...