Poésie
Petit Dej
7 août 2020
Au fond de la vallée, une planche trempée. Plantée très tôt sur des tréteaux tordus par des apaches au corps nu. A ses côtés le cadavre d'un feu... Fumeroles fatiguées qui s'échappent d'un cercle de menhir minuscule que l'on ravivera en y jetant des brindilles humides. Incantations nécrotiques pour réanimer l'âme d'un feu asthmatique. Face à la souche qui porte la pierre du meunier, des corolles de mouches danseuses gardent au loin l'entrée d'un tipi vide. Virevoltantes gardiennes d'un sanctuaire inhabité. Derrière nous le ruisseau s'ébroue, écoule son premier solfège. Alors que le soleil nous envoie ses rayons juvéniles, les voyageurs vaporeux zyeutent la table vide, l'envisagent et à mi voix s'égosillent pour invoquer des victuailles en arpèges, de quoi fabriquer un petit Dej...