Poésie
Lisboa : La Savane
8 avril 2026

Tandis que résonnent au lointain les sirènes et les klaxons,
Que bruissent les premières feuilles d'automne et que les oies font l'aumône,
Je savoure un café face à la basilique étoilée de Lisboa la charnelle.
Regardant couler la plume sur le papier de celle qui m'a accompagné,
Je découvre une musique qui en ce lieu me parait irréelle,
Assemblée par un mélomane fou et sa baguette de sourcier.
J'écris :
Lisbo'a ses couleurs du passé
Bercée par le vent carnassier
Où les immeubles en hautes herbes acérées
Permettent aux habitants gazelles de se cacher.
Tous semblent ignorer l'absurde réalité
D'un monde qui broie les moins pressés.
Sous un soleil d'or et d'acier
La porte des rois oubliés ne peut pourtant se refermer.
Ouverte sur des collines en forme de cité
Il y a mille ans peut être par un lion fatigué.
Elle nourrit les rêves des prélassés
Qui se baladent en farandole sur ses pavés.