Poésie
Le secret des tipis
24 août 2020
A l'ombre des tipis
Une petite musique toujours résonne
Parfois des cris, des chants auxquels on s'adonne
Sur le campement de ces indiens d'un autre temps
Règne une folie douce, un bonheur à plein temps.
Au creux d'un vallon, poussent des arbres insolites
Que l'Aveyron fait naitre en été sous forme conique
Pour les trouver dit-on il faut interroger la rosée,
Il faut questionner les ruisseaux, apprendre à parler aux arbrisseaux
Qui regardent pousser chaque année ces conifères éphémères
Il faut poursuivre les moineaux
Murmurer à l'oreille d'un roseau
Pour enfin trouver des indigènes le repère…
Là-bas on y embroche des gâteaux, amasse des pierres pour en faire des fourneaux
Et lorsque la nuit vient à tomber des flammes s'élèvent
Du fond de la vallée…
Même la montagne dit-on se prête à écouter naitre les rires par bouquets
Des âmes passagères s'amusent et s'enivrent de leurs vies
Puis elles vont se lover dans l'encoche de la nuit…
Au matin les habitants indiens se retrouvent autour d'un feu
Qui dort mais jamais ne s'éteint.
Ils s'acoquinent avec l'aurore, apprivoisent les embruns
Saluent la rosée, font danser les criquets
Puis peu à peu s'affairent à de nouveaux projets
Au royaume des tipis que j'ai pisté depuis Paris
J'ai trouvé comme une quiétude, un répit.
Chacun reprend ses forces et ses esprits
Puis repart un beau jour sur les chemins de sa vie
Emportant dans son cœur une encoche, un récit
qu'il racontera peut-être aux amants, aux passants, aux amis
Mais en gardant toujours soigneusement pour lui
La prairie idyllique où somnole le secret des tipis.