Poésie
Au N°1 (Avranche)
8 avril 2026
Ils l'ont arrêté...
L'homme au chapeau beige et usé...
L'homme à la barbe délavée...
Menottes aux poings, poings serré, derrière lui son chien
Les mêmes yeux mouillés que son maître, la même honte,
D'être déposé dans un troquet, où tout le monde regarde leur désespoir,
Où personne n'a plus de mot en bouche.
Plus la force de rire,
Les nouvelles fraiches ont un goût de silence....
Pas même ne subsiste un sourire,
Au fond de ce bistrot...
Ils l'ont arrêté...
L'homme qui ramassait les mégots...
L'homme qui ammassait le bois en Fagots...
Peut-être pas une oie blanche, certainement pas un saint...
Est resté en ce troquet une Avanlanche, devant la porte attend son chien...
Le poil Blanc Beige comme le Chapeau des sommets...
Les même yeux humides que la tenancière qui lui cherche en vain une famille...
Ce matin le troquet attend la neige et se vide...
Murmurant, entre deux silences incrédules
Ils l'ont arrêté...
L'homme au chapeau à plume,
L'homme au chien resté là...
En partant chacun prend sur lui un peu de cette cassure
Enjambant l'animal qui n'arrive pas à panser sa blessure
Et je garde devant moi une infinie tristesse
Au poil Blanc Beige et sans laisse,
Qui m'attache pourtant au destin de son maître
Je lui dédie ce refrain, pour ce jour qu'il va connaître
Où cette porte, cette Sotte porte qu'il aura gardée cent fois,
Relevant la tête en Syncope à chaque fois, après chaque alerte,
Ne fera plus résonner cette absence qui l'oppresse,
Ne fera plus un bruit de menotte mais de liesse.
Ce jour où le troquet murmurera,
Dans une joie commune
Ils l'ont libéré...
L'homme au chapeau beige et usé...
L'homme à la barbe délavée...
Ils l'ont libéré...
L'homme au chapeau à plume...
Et avec toi, c'est sa joie qu'il va retrouver...
